Début d’une longue amitié

Rien de tel qu’une bonne rixe pour sceller une amitié ! C’est ainsi, à l’occasion de leur première – non, deuxième – rencontre, que nos deux héros, Fafhrd et le Souricier Gris, se lient pour le meilleur et pour le pire (enfin, surtout pour le meilleur !).

« Ils se trouvaient mutuellement quelque chose d’inexplicablement familier. »

Nos deux héros se toisent l’espace d’un instant, prêts à en découdre, mais ils sentent vite qu’une force les retient, leur évite un affrontement. Est-ce un coup de foudre amical, comme on peut parler d’un coup de foudre amoureux ?

« L’assaut double et silencieux qui, à cet instant, manqua les submerger, ne les surprit réellement ni l’un ni l’autre. Ils s’y attendaient, mais la surprise de leur rencontre avait fait passer cette perspective au second plan. »

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Ce sont donc les circonstances de l’attaque de trois spadassins qui forcent les deux futurs amis à s’unir contre un ennemi commun. L’adage populaire ne veut-il pas que l’union fasse la force ? Leurs adversaires du moment l’apprendront à leurs dépends.

« Les deux jeunes gens essuyèrent leur épée et la remirent au fourreau. Fafhrd passa la paume de sa main droite sur sa robe et la tendit. Le Souricier ôta son gant gris de la main droite et secoua la grande main de l’autre dans la sienne, très musclée. »

Ainsi les deux jeunes hommes officialisent-ils leur rencontre qui va très vite se muer en une sincère et profonde amitié. Sur le chemin qui doit les mener jusque chez le Souricier, ils se mettent à bavarder, comme deux camarades de longue date, s’invitant à vider quelques chopes. Et c’est là que Fafhrd lance au Souricier :

« Nous nous sommes déjà rencontrés. »

Parce que le génie de Fritz Leiber s’articulant pleinement autour de cette simple évocation, il serait presque inutile d’en rajouter. Venant de la part des protagonistes eux-mêmes, cette simple allusion à leur toute première rencontre, pourtant assez fortuite, s’avère plutôt déterminante. L’un voulant être sorcier, alors que l’autre était simple mousse chez les pirates. Deux « professions » qui montraient déjà leurs goûts respectifs pour la marge et le danger. D’ailleurs, cette première rencontre les a tellement marqués qu’ils s’en souviennent parfaitement, comme s’il s’était agi à l’époque d’une promesse d’amitié future. Peut-être Leiber s’est-il inspiré de Conan Doyle lorsque celui-ci offrait à ses lecteurs, sous la plume de Watson, de simples allusions à d’anciennes affaires résolues, ou pas, par le détective de Baker Street ? C’est aussi simple qu’efficace pour que le lecteur saisisse que les personnages ont une vie en dehors de ce qu’il peut en lire, qu’ils ont une réelle épaisseur.

Une bonne bagarre, un peu voire beaucoup de bière et les bras respectifs de l’être aimé, voici donc les bases d’une amitié sincère qui connaîtra parfois quelques tumultes, mais qui durera tout de même un certain temps. Fafhrd et le Souricier Gris.

A.C. de Haenne

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Seconds couteaux

Nattick-Doigts-de-Fées, le tailleur. (t.1, p239)

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Venelles et coupes-gorges

Carte de Lankhmar

Carte de Lankhmar

 

l’Allée aux Meurtres

la Rue aux Truands

le Passage de la Peste

le Boulevard de l’Ordure

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Rencontre

– Je m’appelle Fafhrd. F, a, f, h, r, d.

Le Souricier Gris lui serra la main encore une fois.

(Epées et démons, page 175)

 

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